Narbonne
Malgré les prévisions météorologiques peu favorables, nous étions une cinquantaine de personnes à venir découvrir les petits secrets de Montpellier.
Montpellier reste une énigme étymologique : est-ce le mas des pucelles ? le mont du verrou, le mont du pastel ou le mont des épices ? La cité fut construite sur « un tas de pierres » auquel elle doit son surnom de clapas.
C’était une enceinte fortifiée enserrant le centre historique appelé « écusson ». Au 17ème siècle, la destruction du front oriental et des fossés, la création de boulevards et d’édifices publics lui ont donné sa physionomie actuelle.
Nous nous dirigeons vers le kiosque BOSC récemment rénové, construit en 1927 par l’architecte Marcel Bernard. Auguste Bosc était un musicien montpelliérain rendu célèbre par « la marche des petits pierrots ». Une statue grimaçante de « Marsyas » nous a choqués. Le Marsyas est un faune. Il osa défier Apollon lors d’un tournoi musical. Il le fit lier à un arbre et écorcher vif.
Sur la place de la comédie, notre guide évoque la gare de Palavas aujourd’hui disparue et nous amène aux pieds des « Trois Grâces » : Aglaé, Euphrosine et Thalie, 3 déesses pour une ode à la beauté, la séduction et la créativité.
Nous arrivons dans la Grand Rue Jean Moulin dont le portrait figure sur le mur du magasin Morless, maison témoin de l’histoire où vécut Jean Moulin. Nous nous arrêtons devant l’hôtel Lamouroux : l’entrée est surmontée d’un visage sculpté représentant Hercule avec ses pattes de lion et son manteau lui servant de cuirasse.
Puis nous rejoignons la maison de Jacques d’Aragon dit Jacques le Conquérant. Son fils Pierre, marié à Marie fille de Guillaume VIII, et délaissée par son époux, se fit passer pour sa maitresse ce qui lui permit de concevoir un nouvel héritier Guilhem IX.
Quelques pas pour nous rendre devant l’église Saint Roch.
Saint Roch fut un brillant élève de l’école de médecine. Il partit en pèlerinage à Rome. A cette époque, la peste noire fait des centaines de victimes. Roch soigne les malades croisés en chemin, les guérit avec une lancette qui fait des miracles. A son retour de Rome, il continue à soigner dans les hôpitaux mais la maladie le rattrape : il s’isole dans un bois pour y mourir. Pendant son agonie, un chien vient chaque jour lui déposer un morceau de pain et lécher ses bubons. Il guérit et reprend son bâton de pèlerin. Saint Roch sera canonisé à la fin du XVIème siècle. Un sanctuaire avec vitraux pleins de symboles, abrite comme reliques son bâton de pèlerin et un morceau de tibia authentifié depuis 1856. En mémoire du chien fidèle qui soigna le saint guérisseur, les animaux sont aussi bénis lors des processions de la Saint Roch qui ont lieu le 16 aout à Montpellier.
Les montpelliérains ont attendu le XIXème siècle pour qu’une église soit dédiée à Saint Roch. Une église inachevée puisque seule la partie centrale est terminée. Les niches de la façade sont dépourvues de statues, les flèches des clochers ne sont pas montées.
Nous nous retrouvons devant l’église Sainte Anne :
église inspirée du gothique français du XIIIème siècle. On accorde une importance au clocher qui doit être le plus élevé de Montpellier, plus haut que celui de la cathédrale et dominant les plus hautes maisons de la ville. Des anges abrités sous des dais ornent les pinacles des contreforts. Sur les culots ont pris place deux figurines masculines : l’une tient un serpent (la luxure) et l’autre une bourse (l’avarice).
Notre dernier arrêt se fait sur la place Chabaneau.
En son centre, une magnifique fontaine achevée en 1775 par Joseph Tournet, traite le thème de la ville de Montpellier distribuant l’eau à ses habitants. La ville est personnifiée par une femme assise sur un piédestal orné de guirlandes. Elle s’appuie sur une cartouche aux armes de la ville et verse l’eau d’une amphore. Quatre lions supportent le socle et crachent l’eau dans un bassin.
Aujourd’hui englobée dans la préfecture, la façade principale de l’hôtel de Ganges s’élève toujours sur la place Chabaneau.
Pierre de Bonzi (1631-1703), archevêque de Narbonne, entretenait une liaison amoureuse avec la belle Jeanne de Gévaudan pour laquelle il fit construire cette superbe résidence. Cette relation très mal vue de l’autorité royale, contraignit le prélat à marier sa protégée avec un monsieur pas très regardant : le comte de Ganges. Dans la corbeille de noce du marié, le cardinal déposa en échange de sa complaisance, une charge de lieutenant du roi et le gouvernement de Carcassonne où il allait devoir résider. Il éloignait ainsi un mari plus intéressé par sa carrière que par son épouse.
Avant de quitter Montpellier et pour ne pas déranger Jeanne et son amant, il séjourna au « Chapeau Rouge » dont l’enseigne rappelait la coiffe du cardinal.
Vous pensez bien que cette histoire fit beaucoup jaser à l’époque !
C’est sur cette histoire amusante que nous terminâmes la visite.
Nous ne passerons plus à côté de ces monuments sans nous remémorer les anecdotes s’y rapportant.
Joseph Solis